Colloque Anthropologie des cultures globalisées

Bienvenue

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Ce colloque international, organisé par la revue Anthropologie et Sociétés, soulignera les trente ans de la revue. Il portera sur l’Anthropologie des cultures globalisées. Terrains complexes et enjeux disciplinaires, dans le but de ramener au travail les postulats habituels de la discipline et de ses méthodes. Le colloque rassemblera des anthropologues issus principalement du monde francophone québécois, canadien et international de même que des scientifiques d’autres disciplines connus pour l’importance de leur contribution à la problématique du colloque, des professeurs et des étudiants diplômés. Il comprendra des séances en plénière (la moitié du colloque sous forme de tables rondes et de grandes conférences) mais aussi des séances sur proposition (l’autre moitié sous forme d’ateliers thématiques). Nous vous souhaitons la bienvenue à notre colloque.

La coordinatrice et rédactrice de la revue, Francine Saillant (Francine.Saillant@ant.ulaval.ca)
L'assistante à la coordination, Karoline Truchon (colloque-aets@ant.ulaval.ca)
Responsable du soutien logistique, Jean-Denis Losier (jean-denis.losier.1@ulaval.ca)
L'adjointe à la Rédaction, Pauline Curien (Pauline.Curien@ant.ulaval.ca)

Comités du colloque

Comité directeur
Francine Saillant, Université Laval
Catherine Bélair (membre étudiant), Université Laval
Marie-Andrée Couillard, Université Laval
Jean-Guy Goulet, Université Saint-Paul
Christine Jourdan, Université Concordia
Frédéric Laugrand, Université Laval
Joseph-Josy Lévy, Université du Québec à Montréal
Deirdre Meintel, Université de Montréal
Karoline Truchon (membre étudiant), Université Laval

Comité scientifique
Naomi Adelson, York University
Philippe Bourgois, University of California
Jean Copans, Université Paris 5
Bernard Bernier, Université de Montréal
Michelle Daveluy, Université d'Alberta
Philippe Descola, Collège de France
Françoise Héritier, Collège de France
Ellen Judd, Université du Manitoba
Leslie Laczko, Université d’Ottawa
David Le Breton, Université de Strasbourg Marc Bloch
Raymond Massé, Université Laval
Luisa Paré, Universidad nacional autonoma de México
Eric Schwimmer, Université Laval
Peter Stephenson, Victoria University
Marilyn Strathern, Cambridge University
Marc-Adélard Tremblay, Université Laval

Comité étudiant
Ariane Bélanger-Vincent, Université Laval
Alexandre Boisvert, Université d'Ottawa
Nadia Giguère, Université de Montréal
Jennifer-Lys Grenier, Université Concordia
Catherine Bélair, Université Laval
Christophe Massamba, Université Laval
Fabien Pernet, Université Laval
Sandra Desrochers, Université Laval
Isabelle Matte, Université Laval 
Geneviève Roberge, Université Laval
Mary Richardson, Université Laval
Annick Thomassin, Université McGill

Thématique et activités

Dans les années 1990, alors que se redéfinissait de l’intérieur une certaine idée de la légitimité du discours anthropologique, se redéfinissaient également les formes du terrain, placées devant les défis de la globalisation sociale et culturelle. Depuis cette période, la logique du terrain continue partiellement de puiser à la source malinowskienne, basée sur la présence de l’anthropologue, l’observation directe, la collecte minutieuse de « faits et gestes ». Simultanément, l’anthropologie développe des méthodologies novatrices et créatrices, davantage adaptées aux nouvelles complexités sociales et aux cultures en pleine transformation : contestation du terrain conçu comme localité unique et fermée, inscription des nouveaux médias, sortie de l’exotisme à tout prix, attraction pour des nouveaux objets jadis réservés aux autres disciplines (ex. : la science occidentale, le parlement, l’environnement, la littérature, le paysage, le patrimoine, l’éthique, le tourisme, etc.), entre autres possibilités. Cela amène les anthropologues à des cohabitations disciplinaires et interdisciplinaires qui viennent travailler de l’intérieur l’idée qu’ils se font de la discipline et que les autres disciplines se font de l’anthropologie. Les autres disciplines, par ailleurs, ne se gênent pas pour emprunter des concepts à l’anthropologie et se les approprier, tout en les réinterprétant. On pourrait penser ce phénomène comme une rançon du succès de l’anthropologie ou encore comme une sorte de « world science » à la mode, peu rigoureuse et soucieuse de ce que serait la tradition anthropologique. La question peut être posée et exige de sérieux débats.

Le colloque proposé permettra de ramener au travail les postulats habituels de la discipline et de ses méthodes, par exemple l’importance de la présence et de la proximité avec l’objet ; le regard en creux ; la singularité du récit ethnographique ; l’étude de la société et de la culture, le holisme, le comparatisme, mais en la replaçant dans le contexte de ce que tout cela signifie désormais. Après une vague de doute stimulée par le postmodernisme d’auteurs comme Geertz et Clifford, plusieurs ont voulu revenir vers des avenues plus sûres afin d’éviter de sombrer dans ce qui fut considéré comme un subjectivisme généralisé, une insistance trop grande sur le soi, celui de l’anthropologue, le refus de toute normativité et la perte de l’objet lui-même, celui des sociétés et cultures du monde et dans le monde. Les défis de la globalisation sont quand même suffisamment puissants pour continuer de mettre au défi la discipline et d’inspirer de nouvelles sources de rigueur et d’exigence. L’échelle des transformations des sociétés et cultures nous place dans une série de redimensionnements quantitatifs et qualitatifs touchant l’espace et le temps, la nature, les ontologies, les identités et les subjectivités. Ces transformations peuvent être d’une violence inouïe, donnant lieu à la multiplication exponentielle des nombres de « vies perdues » au sens de Bauman, mais également à des formes de vie qui s’inventent et se créent comme dans les univers altermondialistes – Escobar parle ainsi de « subalternité ». À quelle forme de politique et d’éthique de sa propre science l’anthropologie peut-elle donner lieu et doit-elle, dans les circonstances actuelles, où le monde paraît chaque jour s’enflammer davantage, ouvrir encore sur de nouveaux savoirs et de nouvelles formes de connaissance? Le colloque proposé suppose une analyse critique des enjeux des nouvelles situations de terrain dans le contexte des cultures globalisées, cela au niveau théorique et méthodologique ainsi qu’en termes d’ouverture disciplinaire. À quoi l’anthropologie peut-elle au fond prétendre aujourd’hui en persistant dans sa posture holiste tout en se trouvant chaque jour placée devant la fragmentation de son objet et de la discipline elle-même? Comment peut-elle dire la fragmentation, la fracture, l’incomplétude, la division, tout en restant fidèle à certains de ses fondements? La globalisation, à travers les divers flux transnationaux, ré-assemble et disjoncte les éléments de ce qui fut jadis imaginé comme un « tout culturel ». L’anthropologie peut-elle, dans ce contexte, être amenée « à faire la différence » dans un monde scientifique et social qui la met tous les jours au défi en exigeant d’elle une pertinence et une utilité sociale accrue?

Le plan de ce colloque est divisé en sous-thèmes susceptibles de donner lieu à des exposés supposant (ou favorisant) des postures de terrain combinant, d’une part, les apports de l’anthropologie classique et s’en réclamant de façon explicite et, d’autre part, des apports autres et diversifiés, adaptés aux situations multiples des cultures globalisées. Ces situations d’un terrain qui se réinvente à mesure que l’objet anthropologique paraît se redéfinir conduisent, on le suppose et le désire, à une imagination anthropologique propice à des théories inédites à propos de l’humain, de la culture et de la société, en même temps qu’à des interrogations fondamentales sur la « nature » de la discipline, de ses développements actuels et futurs et de la diversité de ses figures et courants.

Le colloque rassemblera des anthropologues issus principalement du monde francophone québécois, canadien et international de même que des scientifiques d’autres disciplines connus pour l’importance de leur contribution à la problématique du colloque, des professeurs et des étudiants diplômés. Il laissera une large place aux séances en plénière (la moitié du colloque sous forme de tables rondes et de grandes conférences) mais aussi aux séances sur proposition (l’autre moitié sous formes d’ateliers thématiques). Chaque journée reliera les grandes conférences, les ateliers, et les table-rondes sous une grande thématique se déclinant en sous-thèmes inter-reliés; chaque journée sera consacrée à un thème distinct. Le colloque se présentera comme un état des lieux et une prospective du savoir anthropologique actuel à partir de l’apport francophone international et de ses liens avec la communauté scientifique internationale et locale. Il sera enfin un carrefour de rencontres et de débats touchant à la fois les paradigmes, les méthodes et les enjeux éthiques de la profession. Le colloque sera suivi minimalement d’une publication des grandes conférences et des tables-rondes; une entente avec les éditions Liber est survenue à cet effet.

Les thèmes du colloque
La première partie du colloque lance le débat dans son ensemble. Ce n’est pas la première fois que l’anthropologie est confrontée à des « effets de mondialisation », si on accepte que la globalisation est un événement certes contemporain, mais qu’elle s’est déjà produite en d’autres circonstances et autrement en fonction de l’évolution des économies et du capitalisme. On peut se demander comment ont réagi les intellectuels et les anthropologues lors d’autres moments de la mondialisation face à leur objet et leur savoir. Qu’est-il arrivé au XVIIe siècle, au XIXe siècle et maintenant au XXIe siècle? Comment l’anthropologie définit-elle à chaque moment son objet et ses responsabilités? Y a-t-il quelque chose de commun entre hier et aujourd’hui et entre les différents paradigmes, et comment les paradigmes font-ils écho à une compréhension de la globalisation dans ses formats anciens et actuels?

Cette première série de questions en appelle une autre : selon les réponses que donne l’anthropologie et la manière dont elle permet d’éclairer les globalisations en divers lieux et à diverses échelles, elle peut être marginalisée ou se retrouver au centre des intérêts. Si la globalisation marginalise plusieurs groupes sociaux et cultures, elle-même peut aussi se trouver marginalisée en fonction d’une science qui elle aussi se transforme et tend à s’homogénéiser et se normaliser à l’extrême. Où sont présents les anthropologues dans les débats sur la globalisation et dans les lieux où se définissent ses grands enjeux? L’anthropologie doit-elle être reléguée à une sorte de mémoire patrimoniale, doit-elle se contenter de devenir ancillaire, mercenaire, marginalisée? L’anthropologue peut-il à jamais occuper la posture de l’astronome de galaxies lointaines ou devenir résolument critique? Que serait alors cette supposée fonction critique?

1- Frontières de l’humain et de la nature
L’une des conséquences de la globalisation est celle de la redéfinition du rapport nature-culture inscrite dans les effets des sciences du vivant qui, en fonction de leur traduction et de leur médiation culturelle et politique, pénètrent toutes les sphères de la société. La science est une forme culturelle de la globalisation en même temps qu’elle est un instrument de la globalisation. Elle façonne sans cesse le visage de la nature et de l’humain. D’un côté, la recherche sur la génétique et les nouvelles techniques de reproduction et de conception et la recherche sur la génomique paraissent vouloir tout homogénéiser et réduire à la plus petite unité, alors que, d’un autre côté, la pharmaceutique essaie d’en finir avec la mort et de modifier les territoires du corps. La science joue sur trois éléments fondamentaux de notre discipline. Premièrement, elle réaménage la nature qui devient instrumentalisée et enfermée dans les finalités économiques, en même temps qu’on la veut plus malléable que jamais, déjouant les paramètres de la vieille dichotomie nature-culture. Deuxièmement, elle favorise le développement de formes inédites au sein des systèmes de parenté, brouillant les repères de la filiation. Enfin, elle introduit des figures de l’humain qui tendent à le présenter comme hybride, objet de chair et de technique. Ainsi, les pratiques sociales ayant pour objet la nature sont marquées par la flexibilité, la mobilité, la fluidité. La nature elle-même devient une catégorie du marché divisible à l’infini. La question centrale posée par ce volet du colloque est la suivante : peut-on encore parler d’espèce humaine, avec ce que cela signifie quant à la relation de l’anthropologie avec une certaine idée de « la » nature et de « l’humain »?

Les ateliers thématiques pourront à titre d’exemple porter sur : 1) L’environnement; 2) Les études sur les sciences et les techniques et les manipulations de la nature et de l’humain; 3) L’anthropologie du corps et du vivant; 4) L’épistémologie des sciences et l’anthropologie; 5) Les mutations fondamentales de l’anthropologie à partir de la redéfinition des rapports nature-culture; 6) Les identités flexibles et la naturalisation des identités; 7) Les études sur les formes de parenté générées par les technologies du vivant; 8) Le pouvoir et le savoir sur le vivant et ses contestations; 9) Bioéthiques et ethno-éthiques.

2- Frontières disciplinaires et études des cultures globalisées

L’anthropologie est mise au défi par les études culturelles (cultural studies) et interculturelles qui foisonnent. L’étude des cultures semble ne plus être réservée à l’anthropologie, à supposer qu’elle l’ait déjà été. Dans la mesure où les études sur les cultures ne se confinent plus nécessairement aux anciens domaines, et où des objets comme l’art, la science, les médias, l’architecture, le patrimoine font partie de ces même études, il est évident que le résultat se traduit par une multiplication des focus et des points d’entrée. À côté des cultural studies, on trouve les études interculturelles qui viennent à leur façon créer un autre effet de découpe, profitant des défis de la « rencontre des cultures » auxquels seraient conviés les managers, les agents de développement, les professionnels, et même les touristes. Les études interculturelles se présentent comme une alternative à une anthropologie vue comme trop abstraite et trop critique et surtout non pragmatique. Ces deux courants, distincts, créent une sorte de foisonnement de travaux autour des cultures, profitant tantôt de la circulation médiatique tantôt des flux migratoires. Le foisonnement est réel et vient bousculer l’ordre établi des priorités des objets et de leurs divers abords. Ce foisonnement est-il une menace ou permet-il au contraire une revitalisation (en termes de réaffirmation ou encore de reformulation) des bases de la discipline? L’anthropologie peut-elle se contenter de se proclamer « science du terrain » pour ne pas s’identifier à ces autres courants? Devons-nous faire preuve de fausse autorité ethnographique ou nous faire créatifs en évitant le dogmatisme qui enferme trop rapidement les débats? Y a-t-il encore une validité au concept de culture et, le cas échéant, laquelle?

À l’intérieur même de la discipline, des voix ont aussi amené à une sorte d’auto-fragmentation de la discipline. Nous sommes entre autres passés du modèle classique de la monographie à celui des traverses. De plus en plus la discipline abandonne ses visées universalistes, laissant à d’autres cette question de « l’unité du genre humain », et ses portes d’entrées sont celles des plus infimes singularités : cela se traduit entre autres par la primauté donnée à l’expérience, des sens, de l’affectif par rapport aux structures et au cognitif. Les études textuelles, l’herméneutique, la psychanalyse, les constructivismes semblent avoir rendu toute idée de totalité suspecte. Y aurait-il un moyen terme entre les anciens essentialismes totalisants et les perspectives du « tout est construit » et du « tout est fragment »? L’anthropologie qui avait pour finalité de retrouver quelque chose comme l’unité du genre humain, en se fragmentant elle-même en sous-disciplines et en voyant son objet se fragmenter, peut-elle encore prétendre à quelque chose en ce sens?

Les ateliers thématiques pourront à titre d’exemple porter sur : 1) L’anthropologie critique et les cultural studies; 2) La relation de l’anthropologie face aux sciences connexes (histoire, science politique, sociologie) et les études sur la société et la culture; 3) Des approches novatrices de la culture à partir d’études de terrain; 4) Des études de terrain confrontées aux pratiques de l’interculturalité par exemple le tourisme culturel; 5) La patrimonialisation; 6) Les défis de l’anthropologie dans le contexte de l’interdisciplinarité; 7) Politiques et savoirs anthropologiques; 8) Politiques et cultures; 9) Marchandisation de la culture.

3 - Réécrire et réexpérimenter les cultures en mouvement
Les conditions du développement de l’anthropologie ont été liées intimement à celles du colonialisme. Les conditions actuelles de la globalisation font des anciens mondes coloniaux des « pays en voie de développement », et les populations colonisées sont les pauvres de la planète. Toutefois, dans certains contextes, les anciennes colonies sont devenues des hauts lieux de réflexion sur la postcolonialité, l’Inde par exemple ; les intellectuels issus de pays autres qu’occidentaux fréquentent les débats sur les lieux même de l’Occident et proposent des épistémologies alternatives. Ceux qui jadis étaient nos objets passifs sont devenus des définisseurs et des concepteurs au sein même de la discipline, en contestant les savoirs produits sur eux-mêmes et certains découpages qui semblaient pourtant acquis. Quelle place accordons-nous au savoir des autres, aux voix des minorisés et aux épistémologies alternatives? L’anthropologie doit-elle devenir multicentrique ou se concevoir comme hégémonique?

Dans cette même veine et sur un autre plan, la question de l’éthique en anthropologie est de plus en plus débattue. Elle peut se réduire à une relation voulue égalitaire avec les populations étudiées et à éviter toute forme de réification. D’autres questions viennent pourtant à l’esprit : si les savoirs nés au sein du mouvement postcolonial des intellectuels du sud et les ethnosavoirs que nous voulons reconnaître ont un sens, comment dès lors mettre à l’œuvre ces savoirs au sein même de la « représentation anthropologique »? Comment, par exemple, mettre en scène les expériences fondatrices des cultures qui ont dû composer avec le colonialisme? Comment penser les relations entre savoir, éthique, postcolonialité et transmission des connaissances? Comment rendre possible une autre épistémologie de l’anthropologie inspirée des ethnosavoirs et des savoirs critiques des populations étudiées sur elles-mêmes et par elles-mêmes? Est-ce jouable et pensable ?

Les ateliers thématiques pourront par exemple porter sur : 1) Savoirs et ethno-savoirs; 2) Colonialisme et néocolonialisme ; 3) Postcolonialisme et théorie anthropologique ; 4) Éthique de la représentation ethnographique; 5) Savoirs autochtones et décolonisation; 6) Relations entre anthropologues et populations étudiées; 6) Possibilité et impossibilité de l’anthropologie en contexte post-colonial; 7) Subalternités.

4- Nouvelles écritures de l’anthropologie
L’écriture en anthropologie est une forme de mise en représentation de l’expérience du terrain. Elle est un moment spécifique où se manifeste la façon dont l’anthropologue conçoit :

a) la science (la pertinence de ce qui doit être dit à partir d’un modèle ou d’un paradigme) ;

b) le politique (comment se traduira ou non le rapport de pouvoir de l’anthropologue avec les sujets de son étude?) ; c) l’éthique (jusqu’où traduire les dilemmes, le non-dit, l’incorrect, le danger, etc. et jusqu’où doit-on ou peut-on se compromettre face à ses propres incertitudes ou face à ce que l’on comprend des enjeux de son travail?) ; d) la vérité (quelle part accorder à la fiction et qu’est-ce que l’ethnographie a de fictionnel?).

Quel que soit le mode retenu, ces quatre éléments, conjugués ou non, pourront se trouver présents dans le développement des formes de plus en plus diversifiées d’écriture ou de travail avec l’écriture, selon les médias et les médiums favorisant ce travail de traduction. Dans ce volet, il sera question de saisir à travers différents modes d’écriture et de représentation ethnographique comment sont saisies les transformations des cultures dans le contexte de la globalisation. L’écriture des cultures n’est pas considérée seulement dans sa version savante, mais aussi dans sa version locale : par exemple, la danse est une forme de performance culturelle et d’écriture incorporée de systèmes de sens, et l’anthropologue l’étudie. Tel film peut être celui de l’anthropologue, donc une écriture ethnographique au sens propre, mais tel autre film sera un produit local qui sert de porte d’entrée au récit qu’une société donnée construit d’elle-même.

Les ateliers thématiques pourront à titre d’exemple porter sur : 1) Les ethnographies multisituées ; 2) Le cinéma, la photographie, la peinture ; 3) Les nouveaux médias, la télévision, Internet, la radio ; 4) Le biographique, le narratif, le témoignage ; 5) Le théâtre, le romanesque ; 6) Le récit de voyage ; 7) Les musiques et la danse ; 8) Le journal personnel et le journal de terrain.

5 - Pluralités, identités, conflits

Ce volet du colloque concerne les brisures et les ruptures sociales liées aux diverses formes de globalisation. La globalisation, si elle crée des effets de rapprochement entres les personnes et les cultures (et d’étranges sensations que le monde nous deviendrait de plus en plus familier), crée aussi des tensions et des violences qui s’expriment de diverses manières. Les fragmentations prennent la forme de clivages, de conflits, d’exclusions. Ce que l’on croyait emporté par la globalisation et son phagocytage fait résistance : cultures et sociétés ne sont pas aussi malléables et sujettes à l’homogénéisation qu’on aurait pu le croire. Comment l’anthropologie peut-elle rendre compte de ces transformations et quel est son apport particulier? Ce volet permettra de rendre compte des ethnographies en mouvement dans un monde aux prises avec les débris de la globalisation. Ces conditions et contextes mettent également en cause la capacité et la possibilité du terrain : jusqu’où l’anthropologie est-elle prête à aller et comment? Quelles sont les possibilités qui s’ouvrent et celles qui se ferment? Peut-on se contenter d’exposer l’horreur et quelles pragmatiques émergent des conditions qui furent rendues plus évidentes avec la globalisation?

Les ateliers thématiques pourront à titre d’exemple porter sur : 1) Religions et intolérance ; 2) Guerres et génocides ; 3) Violences structurelles, biopolitiques et souffrance sociale ; 4) Haine, humiliation, honneur ; 5) Nouvelles formes de racisme ; 6) Femmes et féminicide ; 7) Minorités, conflits et rejet des différences ; 8) Luttes autochtones.

6 - La fin de l’anthropologie n’aurait pas eu lieu

Le dernier volet du colloque nous amène vers la thématique des terrains complexes. Il aura été possible, dans les autres volets, d’interroger certains des fondements de la discipline et ses frontières avec les autres disciplines, cela à travers le concept de culture (notre revendication de singularité disciplinaire), le doublet nature-culture (sur lequel s’appuyait toute la théorie anthropologique), les transformations sociales et culturelles liées à la globalisation (qui transforment les objets et appellent à l’imagination anthropologique), la place accordée aux voix postcoloniales (les « sujets » que nous étudiions contestent nos savoirs et reformulent nos théories et représentations), le développement de nouvelles écritures (qui change les échelles, les sensibilités, les modalités).

Le terrain, maintenu comme « une vérité méthodologique », est-il si évident dans sa nécessité et surtout dans sa forme? Jusqu’à quel point les anthropologues sont-ils préparés aux nécessités du monde en changement et aux nombreuses contraintes des terrains les plus actuels ? Un autre aspect de ce volet du colloque est le statut même de l’expérience anthropologique. Les modes de financement imposés, une certaine forme d’interdisciplinarité et la fragmentation du travail dans les universités tendent à aplanir et à déformer le sens même qui fut longtemps attribué à la notion de terrain en tant qu’expérience approfondie, proximale et située.

Les ateliers thématiques pourront à titre d’exemple porter sur : 1) Le sort de l’anthropologie exotique ; 2) Les limites du terrain (situations de privations, de conflits, de violences, de refus) ; 3) Les formes du terrain ; 4) L’investissement de nouveaux lieux de recherche (du cyberspace aux multinationales) ; 5) La transmission du terrain, la fiction et le mensonge, le dit et le non-dit ; 6) L’anthropologue comme terrain et le traumatisme du terrain ; 7) Terrain et éthiques du terrain.

Journée cinéma

DES CULTURES EN IMAGES

Journée grand public dans le cadre du colloque
« Anthropologie des cultures globalisées, Terrains complexes et enjeux disciplinaires »

7 novembre 2007, Musée de la civilisation, Québec

L’anthropologie entretient depuis longtemps un rapport aux images, notamment celles produites par les anthropologues eux-mêmes dont les usages ont été de divers ordres : de l’agrémentation aux souvenirs de terrain, en passant par le soutien aux descriptions fines et détaillées. Les images sont aussi des véhicules de construction des altérités (dans le sens de « othering ») et ont depuis plusieurs années maintenant été l’objet de divers questionnements d’ordre éthique, esthétique et politique. Les productions visuelles des anthropologues prennent, en contexte de globalisation et de haute circulation des images, une place et une signification encore plus grande, car ce sont les formes des pratiques qui se diversifient et s’intensifient. Plusieurs questions demeurent, d’hier à aujourd’hui, sur ce rapport en renouvellement de l’anthropologie et des sciences de la culture aux images, en particulier celles issues des médiums vidéo et cinéma : quelle place et quelle part pour ceux qui furent traditionnellement sujet d’études ou objet des images? Des objets traditionnels comme les rituels ou la possession pourraient-ils être investis autrement par les moyens qu’offrent les conditions actuelles de la discipline? Qui peut produire les images et comment? L’anthropologie, qui s’est octroyé le rôle de « producteur scientifique d’images », en définissant l’authentique et le singulier, pourrait-elle oser se déplacer vers les images produites par les autres, non seulement par ceux qu’elle a étudiés et continue d’étudier, mais aussi par d’autres catégories de producteurs d’image, professionnels du cinéma, de la télévision, du vidéo, entre autres, et que pourrait-elle en tirer?

Au cours de cette journée, les différentes contributions mettront en valeur des formes diverses d’expérimentations du rapport aux images dans la connaissance des cultures, des modalités relationnelles et éthiques pour penser le rapport aux autres et à la diversité et enfin, elles ouvriront sur de nouvelles formes de lisibilité et d’intelligibilité des images. 

Cette activité est possible grâce au soutien de la revue Anthropologie et Sociétés, du Centre interuniversitaire d’études sur les lettres, les arts et les traditions (CELAT), du Centre interuniversitaire d’études et de recherches autochtones (CIÉRA), du Département d’anthropologie de l’Université Laval, ainsi que du Musée de la civilisation.

Programme

9 h : Ouverture

9 h 15 : Expérimentations visuelles et fabrique des images chez les Inuit du Nord canadien : le visible et l’invisible (Présentation multimédias)Jarich Oosten, Université de Leiden, Pays-Bas

Noa Tiktak, chercheur indépendant, Rankin Inlet, Nunavut, Canada
Frédéric Laugrand, Université Laval, Canada

Discipline récente, l’anthropologie visuelle a pris son véritable essor au cours de la seconde moitié du XXe siècle avec le développement des techniques visuelles (photographie, caméra, multimédia, etc.) et l’émergence de méthodes d’analyse des images de plus en plus perfectionnées. Aujourd’hui, cette discipline constitue un secteur à part entière de l’anthropologie, avec ses tribunes, ses festivals, ses revues et ses objets de prédilection.

La présente communication défend l’idée que l’anthropologie visuelle a tout à gagner à rester étroitement liée à la réflexion anthropologique plus générale en lui offrant un appui supplémentaire au niveau ethnographique, au risque de perdre sa spécificité. L’approche que nous entendons défendre revendique donc une position minimaliste qui privilégie les opérations suivantes:

  • La prise en considération de toutes les images et surtout de leurs contextes de production. L’image demeure toujours construite et sa compréhension implique de la mettre en relation avec d’autres images et discours.
  • La mise en perspective de l’image et de ses codes avec le regard. D’une part, toute forme d’image produit des effets sur ceux ou celles qui la regardent. Le regard fabrique l’objet. D’autre part, l’iconologie reste inséparable de systèmes ontologiques et cosmologiques plus vastes qui exercent une influence sur les manières de voir.
  • Une lecture critique des images et du montage. Toute production d’images s’effectue selon des stratégies et des perspectives que l’anthropologue doit rendre explicite. Comment a été élaboré le montage, à qui s’adresse le film?

L’utilisation du film comme outil ethnographique dans une perspective dialogique, l’objectif étant de réduire la distance entre l’observateur et l’observé.

 

Notre approche privilégie donc la description. L’image est exploitée en complément d’autres sources et matériaux ethnographiques. À travers une séquence sur le qilaniq, un rite de divination inuit, nous montrerons, par exemple, comment l’image peut rendre visible l’invisible. Mais nous montrerons également combien la production d’images en partenariat avec les participants fournit des matériaux adéquats tant pour la recherche que pour les participants. Nous exploitons l’image comme une relation en faisant émerger la notion de point de vue et la caméra comme un catalyseur. Des séquences visuelles sur l’initiation chamanique et d’autres pratiques rituelles serviront de cas empiriques pour alimenter la discussion.

En somme, nous proposons d’illustrer ces différents points et d’ouvrir le débat sur l’anthropologie visuelle en partageant avec l’auditoire une série d’expérimentations et d’images filmées par les membres de l’équipe dans des communautés du Nunavut au cours des cinq dernières années.

 

10 h : Échanges avec le public

10 h 30 : Pause

10 h 45 : Le Wapikoni-mobile : mobiliser l’énergie créatrice des jeunes autochtones du Québec(Présentation multimédias)

Manon Barbeau, cinéaste indépendante, accompagnée d’un jeune autochtone.

 

Le Wapikoni mobile, studio de production cinématographique ambulant, a pour mission d'enseigner les rudiments de la création cinématographique aux jeunes autochtones. Depuis sa création en 2004, neuf communautés autochtones ont été visitées, 500 jeunes y ont été formés en technologie numérique, 80 courts-métrages ont été réalisés et 13 prix récoltés dans différents festivals. En compagnie d’un des jeunes réalisateurs du projet, Manon Barbeau, directrice-fondatrice du Wapikoni mobile, discutera de son projet et de son impact. Projection de films et période de questions suivront.

 

11 h 30 : Échanges avec le public

12 h : Dîner

13 h 30 : Écritures visuelles dans la formation des jeunes chercheurs en sciences sociales (Film et discussion)

Bogumil Jewsiewicki et David Nadeau-Bernatchez, Chaire de recherche du Canada en histoire comparée de la mémoire, Université Laval, Canada

Jean-Paul Colleyn, CEAF, ÉHÉSS, France

Yacouba Konate, Université d'Abidjan, Côte d'Ivoire

À partir d'un film de 36 minutes réalisé en 2005 par David Nadeau-Bernatchez, « Kalindula, pleureurs des hommes », les présentateurs discuteront : 

1. De la place que le visuel prend actuellement dans la recherche. Il est évident que de plus en plus souvent, l'écriture visuelle dépasse le champ de documentaire qui lui était jadis réservé.

2. Du rôle de l'écriture visuelle dans la formation de niveau avancée. La nouvelle génération d'enseignants universitaires et de chercheurs arrive à l'université avec de nouvelles habitudes de communication et de nouvelles compétences. Les changements technologiques permettent d'associer l'enregistrement visuel et sonore à toutes les étapes d'enquête, d'échange avec les personnes qui participent à l'enquête et de restitution des résultats de la recherche. Comment évoluent alors la pratique de la recherche et la formation à la recherche?

3. Comment, dans la pratique du jeune chercheur, le recours au visuel transforme-t-il son rapport à la recherche?

14 h 15 : Discussion avec le public

14 h 45 : Pause

15 h : Cinéma et anthropologie (Présentation multimédias)

François Laplantine et Mouloud Boukala, Université Lumière Lyon 2

Les images partout dévoilent, incitent, montrent, démontrent, suscitent actions et réactions. Elles ponctuent autant la sphère privée (télévision, publicités, tatouages) que la vie de la cité (cinéma, campagnes d’affichage, photographies, tags). Elles paraissent et s’inscrivent dans des contextes locaux avant de circuler, d’être reprises, voire manipulées à un niveau plus global. Il importe de prêter attention à ce que disent les images en même temps qu’à ceux qu’elles taisent. Par qui et comment ces images sont-elles produites et véhiculées? Dans quels contextes s’insèrent-elles? Quels défis ces images posent-elles à l’anthropologie contemporaine?

Il ne s’agit pas, dans la perspective que nous proposons dans cette journée, d’accompagner des recherches de terrain par des images, c’est-à-dire de cantonner celles-ci à une fonction illustrative, mais de partir des images afin de montrer qu’elles sont irréductibles à la logique discursive. Ce sera l’occasion d’apprécier comment des formes de pensée engendrent des formes pensantes. Autrement dit, comment des expériences menées à partir de supports aussi variés que la photographie, le cinéma, la bande dessinée, les multimédias sont susceptibles de renouveler la démarche anthropologique.

La perception de l’autre et la question du regard, cette instance inévitablement constitutive du social, s’avéreront primordiales afin d’apprécier comment des apparences, des gestes, des postures sont en permanence négociées, redéfinies ou réinventées. Ce que l’anthropologie appelle souvent de manière trop générale les différences consistent aussi dans des différences de perception. Éléments de pouvoir, de revendication ou d’asservissement, il s’agira d’analyser le cadre d’élaboration de ces images (politiques d’inclusion et d’exclusion, de reconnaissance) et la manière dont elles participent à la formation de nouvelles subjectivités.

Le travail non pas sur les images mais à partir des images (ainsi que des sons) dans les trois temps du tournage, du montage et de la projection (ou restitution) peut avoir une fonction épistémologique. Il peut nous permettre de rendre visible (et audible) ce qui était invisible (ou inaudible). Par exemple ce qui se trouvait à l’arrière plan peut parvenir au premier plan. Ce qui avait été caché d’une certaine manière peut être décadré et recadré différemment. En introduisant de la variation, le réalisateur réinterroge des processus d’interaction physiques entre des acteurs ainsi qu’entre des acteurs et un observateur dont les places respectives sont susceptibles de changer.

Les documents que nous allons présenter (courts-métrages, extraits de films, photos,…) engagent à la fois une théorie de la connaissance et une éthique respectueuse à la fois de la complexité du rapport à la réalité sociale. Ils engagent les personnes filmées à participer activement à la réalisation du film et les spectateurs à sa construction. La question de l’hospitalité aux autres et de la réciprocité n’est pas une question de bonne volonté mais du choix du dispositif adopté ou créé, comme nous le verrons en présentant, analysant et comparant les travaux de Stéphane Breton, Agnès Varda, Eduardo Coutinho, Jean Rouch, Raymond Depardon, de Rithy Panh.

Tout en attachant un grand intérêt à l’invention de modes d’exposition qui contribue explicitement à la production d’un certain type d’intelligibilité dans des conditions définies, cet atelier ne dissociera pas la pratique de ses implications et conséquences théoriques. C’est pourquoi les films, les photographies et les sites multimédias mobilisés n’illustreront pas un propos, mais contribueront à complexifier la démarche anthropologique, en la rendant plus précise empiriquement, plus rigoureuse méthodologiquement et plus exigeante théoriquement.

15 h 45 : Discussion avec le public

16 h 15 : Débat général

17 h : Fin de l’activité

Appel à posters et photographies

Le comité interuniversitaire étudiant organise dans le cadre du colloque un concours de posters et de photographie. Cette session de posters et ce concours de photographies ont pour objectif de favoriser le partage informel des pratiques et des expériences entre les étudiants, les professeurs et les chercheurs qui participent au colloque.

L’appel est lancé à tous les étudiants, professeurs et chercheurs. Les posters et photos seront affichés dans l’un des lieux stratégiques du colloque. Les posters et photos seront installés par le comité organisateur.

DIRECTIVES POUR APPEL À POSTERS

Nous cherchons à rendre compte de façon originale des travaux de recherche reliés aux diverses thématiques du colloque : 1) Frontières de l’humain et de la nature; 2) Frontières disciplinaires et études des cultures globalisées; 3) Représentations, éthiques et voix postcoloniales; 4) Nouvelles écritures de l’anthropologie; 5) Passions identitaires et conflits des mondes et 6) Terrains complexes.

Un prix sera remis au poster qui se démarquera par la qualité de sa présentation scientifique et sa facture visuelle.

Chaque proposition de poster doit comporter les éléments suivants :

  • Le titre du poster;
  • Le nom du ou des auteur(s), affiliation et courriel;
  • Un résumé de 100 mots maximum.

Le format des posters est de 120 cm de hauteur par 90 cm de large (ou l’inverse). Les posters peuvent être rédigés en français ou en anglais.

Les propositions doivent être acheminées par courriel à karoline.truchon.1@ulaval.ca. La date limite d’envoi des propositions est le 14 septembre 2007. Les auteur(e)s des propositions acceptées seront avisé(e)s par courriel au plus tard le 28 septembre 2007.

DIRECTIVES POUR APPEL À PHOTOGRAPHIES COMMENTÉES

Avec des photographies commentées, nous cherchons à rendre compte des travaux de recherche reliés aux diverses thématiques du colloque : 1) Frontières de l’humain et de la nature; 2) Frontières disciplinaires et études des cultures globalisées; 3) Représentations, éthiques et voix postcoloniales; 4) Nouvelles écritures de l’anthropologie; 5) Passions identitaires et conflits des mondes et 6) Terrains complexes.

Les photographies, de tous formats, doivent être envoyées par la poste à :

Karoline Truchon
Colloque « Anthropologie des cultures globalisées. Terrains complexes et enjeux disciplinaires »
Pavillon Charles-de-Koninck, bureau 3433
Université Laval (Québec) G1K 7P4
Canada

L’échéance est le 14 septembre 2007. Les photographies doivent comporter le nom de l’auteur, le titre de la photo et un commentaire s’y rapportant. Les auteur(e)s des propositions acceptées seront avisé(e)s par courriel au plus tard le 28 septembre 2007.

L’auteur(e) de la photographie la plus originale recevra un prix.

Appel à tables rondes

Le comité interuniversitaire étudiant organise dans le cadre du colloque quatre tables rondes. Ces sessions ont pour objectif de favoriser la discussion sur des thèmes d’actualité entre les étudiants, les professeurs et les chercheurs qui participent au colloque.

L’appel est lancé à tous les étudiants, professeurs et chercheurs. Les sessions auront lieu pendant le colloque en même temps que les ateliers. Chaque table ronde comportera six exposés de dix minutes qui seront suivis d’une discussion d’une heure, avec modérateur.

Les quatre thèmes proposés sont :

1. Ritualisations et cultures globalisées : le rituel dans tous ses états 
A la position, courante dans les années 1960, selon laquelle les rituels étaient amenés à disparaître avec la modernité, a succédé un renouveau pour l'intérêt de leur étude, accompagné d'une extension du champ d'application de la notion (phénomènes microsociologiques, sports, jeux, théâtre, médias, politique) apte à en faire un « analyseur du contemporain ». Parallèlement à cette extension problématique, un effort de réflexion a été engagé par plusieurs auteurs afin de reformuler une théorie apte à rendre compte des modalités de la ritualisation, en se basant initialement sur l'observation des phénomènes de variation, de diffusion, de transmission ou de création. Ces tendances ouvrent aujourd'hui la possibilité d'une réflexion anthropologique féconde sur le rituel, auquel nos expériences ethnographiques respectives ne peuvent que contribuer. Quel est l'impact des cultures globalisées sur les formes traditionnelles du rituel ? Comment, localement, s'organise leur continuité, leur transmission ou leur réinvention ? Quels sont les processus d'appropriation en jeu dans l'adoption de rituels globalisés ? 

2. Les anthropologues entre la place publique et la Tour d’Ivoire
L’objectif de cette table ronde est de stimuler un débat sur la nécessité, pour les anthropologues, de prendre la parole dans l’espace public. Quelle est leur responsabilité devant le traitement souvent simpliste des enjeux sociaux, culturels, politiques, environnementaux, etc. qui font l’objet de leurs recherches? Portent-ils une certaine responsabilité civique, voire intellectuelle de parole? Quelle place envisager pour le savoir anthropologique dans les débats de société contemporains? Et comment traduire leurs recherches sans recourir au jargon disciplinaire et de manière à en faire profiter, non seulement les citoyens, mais aussi les autres universitaires engagés dans différents domaines? La discussion que nous proposons touche le cœur de l’identité de l’anthropologue. Une identité qui oscille souvent entre intellectualisme et citoyenneté, d’une part, et entre engagement et objectivité de l’autre. Autant de questions (et assurément bien d’autres encore!) dont nous souhaiterions débattre dans une atmosphère cordiale et propice aux échanges. 

3. L’anthropologie de l’environnement, l’espace et les paysages
La question du rapport entre les êtres humains et les autres vivants — notamment, à travers les activités productives, l’organisation de l’espace, le paysage, les nouvelles technologies, ou les différentes conceptions de la nature — est au cœur de nombreuses recherches contemporaines en anthropologie. « L’environnement », « la Nature », autant de concepts souvent flous, tantôt investis d’un contenu symbolique, tantôt utilisés à des fins politiques, partout liés à des questions d’identité et d’altérité. Cette table-ronde vise à créer un lieu de discussion sur les différents sens que prend l’environnement dans un contexte de mondialisation et de discours sur la protection environnementale. Les enjeux de l’accès aux ressources et de leur propriété (l’eau, les cultures, les terres, les forêts, les mers) ainsi que les formes que prennent et prendront leur utilisation sont des plus actuels. Comment donc, en tant qu’anthropologues, conduire des recherches pertinentes sur ces sujets souvent situés aux limites entre les sciences sociales et les sciences biologiques?

4. Migrations, identités et enjeux mondiaux 
La migration internationale, quelle qu’en soit la forme (forcée, volontaire, temporaire, définitive, individuelle ou familiale), est désormais au cœur des débats et revendications politiques à l’échelle mondiale. Alors que certains pays assistent à l’exode d’importants segments de leur population, et ce pour une variété de raisons, d’autres acquièrent le statut de pays hôte et sont désormais appelés à accueillir et à intégrer au sein de leur propre société des émigrants présentant une grande diversité d’origines et de situations sociales. Les dynamiques sociales qui en résultent sont donc d’une complexité toujours grandissante, comme en témoignent les questions d’identité et d’appartenance, la formation de nouvelles diasporas, et le choc des valeurs idéologiques, politiques et religieux, entre autres. Cette table-ronde vise à favoriser la discussion autour ces enjeux entre chercheurs. On peut alors se demander comment se modifie l’identité du migrant au cours d’un processus migratoire? Quelle relation entretient-il avec son pays d’origine? Comment se traduit l’emploi des transferts monétaires ? Qu’en est-il de l’état de santé général du migrant ? Finalement, quels sont les besoins spécifiques du migrant quant à son nouveau statut (demandeur d’asile, réfugié de guerre, travailleur illégal, enfant non-accompagné, etc.) ?

DIRECTIVES POUR PROPOSER UNE PRÉSENTATION

Chaque proposition de participation à une table ronde doit comporter les éléments suivants :

  • Le titre de l’exposé;
  • Le nom de l’auteur, affiliation et courriel;
  • Un résumé de 100 mots maximum.

Les propositions doivent être acheminées par courriel à Karoline Truchon (colloque-aets@ant.ulaval.ca). La date limite d’envoi des propositions est le 14 septembre 2007. Les auteur(e)s des propositions acceptées seront avisé(e)s par courriel au plus tard le 28 septembre 2007.

Hébergement

HÔTEL CLARENDON

L'essentiel des activités du colloque ayant lieu à l'hôtel Clarendon, les participants bénéficient d'un tarif privilégié : 115, 09 $ CAN par nuit, toutes taxes incluses.

Pour réserver, vous pouvez procéder de l'une des deux façons suivantes :
• soit en communiquant avec madame Danielle Delaney par courriel : ddelaney@groupedufour.com en précisant que vous venez pour le colloque d'Anthropologie et Sociétés. Indiquez les dates de votre séjour et vos coordonnées.
• soit en téléphonant au numéro gratuit : 1 (888) 222-3304, en précisant que vous venez pour le colloque d'Anthropologie et Sociétés.

ATTENTION : ne réservez pas sur le site de l'hôtel, car vous ne bénéficierez pas du tarif préférentiel.

Coordonnées complètes de l'hôtel :
57, rue Sainte-Anne
Québec (Québec) G1R 3X4 Canada
Numéro gratuit : 1 (888) 222-3304
Numéro normal : 1 (418) 692-1511
Télécopieur : 1 (418) 692-4652


AUBERGES DE JEUNESSE

Auberge de la Paix
À cinq minutes à pied de l'hôtel Clarendon et à 10 minutes du Musée de la civilisation.
La nuitée coûte 20$ CAN, petit déjeuner inclus (pas de taxes exigées).
Consultez le site: http://www.aubergedelapaix.com/

Coordonnées:
31, rue Couillard, Québec (Québec) G1R 3T8
Téléphone: 1(418) 694-0735
Courriel: alapaix@clic.net

Auberge internationale de Québec
À cinq minutes à pied de l'hôtel Clarendon et à 10 minutes du Musée de la civilisation.
Prix variés.
Consultez le site: http://www.cisq.org/

Coordonnées:
19, rue Sainte-Ursule, QUébec (Québec) G1R 4E1
Téléphone: 1 (418) 694-0755
Télécopieur: 1 (418) 694-2278
Courriel: reservation@hostellingquebec.com

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