Colloque Visions du monde animal : Résumés - SÉANCE 7.3

SÉANCE 7 : DES ANIMAUX BONS À PENSER ET À INSTRUMENTALISER

Marie-Pierre BOUSQUET (Canada)
Ce qui est bon à manger est-il bon à penser ? Retour sur les notions d’« animaux indiens » et « animaux blancs » (Québec)
En 1973, Serge Bouchard et José Mailhot, qui ont étudié des taxinomies ojibwas et innues, remarquaient que les animaux domestiques étaient soumis à un traitement différent des animaux sauvages, avançant qu’il existait donc, pour les Amérindiens, des animaux « blancs » et des animaux « indiens ». Reprenant l’expression de Claude Lévi-Strauss selon lequel « les espèces sont choisies non comme bonnes à manger, mais comme bonnes à penser » (1962), nous nous demanderons, à la lumière des pratiques alimentaires des Anicinabek et de ce qui y est associé (langage, commensalité), si la dichotomie animaux indiens/animaux blancs est encore pertinente et, si c’est le cas, si elle repose toujours sur les mêmes critères. Nous partirons de l’idée que les Algonquins se voient comme des mangeurs de viande, la chasse et le piégeage étant des activités traditionnelles aux fortes significations sociales et spirituelles. Nous nous demanderons si les animaux « blancs » (vache, cochon, poulet), qui tiennent aujourd’hui une grande place dans leur régime alimentaire, sont rentrés dans leur patrimoine culinaire, constituant, comme les castors ou les orignaux, des animaux aussi bons à manger qu’à penser.
Conception et réalisation : Centre de services en TI et en pédagogie (CSTIP).
Tous droits réservés. © 2013 Université Laval