Courir après le bien commun. Autochtonie et politiques publiques dans le baseball scolaire taïwanais

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43- / 2019 - Services publics : l'État face au commun

 
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Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le Parti nationaliste chinois (Kuomintang) prend le contrôle de Taïwan avant de s’y replier durablement à partir de 1949. Son administration se glisse dans les structures établies par le gouvernement colonial japonais (1895–1945) et les institutions telles que l’école s’inscrivent désormais dans le service public de la République de Chine. Les pratiques sportives sont inscrites dans l’éducation publique et sont envisagées comme des leviers de l’intégration des populations locales au dispositif colonial, principalement celles d’origine austronésienne. Les performances des jeunes athlètes austronésiens, notamment dans les tournois internationaux, sont autant de pierres à l’édification d’un État pluriethnique dominé par la majorité chinoise han. Dans cette contribution, il sera question d’observer et d’analyser comment les Austronésiens formosans, qui disposent depuis 1994 du statut d’Autochtones, détournent et se réapproprient les pratiques sportives dans le cadre du service public éducatif — sport et éducation étant ici compris comme faisant partie du bien commun — pour négocier leur position au sein de l’État taïwanais et faire face aux politiques assimilatrices du pouvoir central. Comment se sont historiquement structurés des rapports de force et de domination entre les populations austronésiennes de Taïwan et les autorités centrales, notamment à travers le sport ? En quoi les stéréotypes, moraux et physiques, qui caractérisent négativement les athlètes autochtones sont-ils devenus un levier de leurs revendications ? En quoi la réappropriation des sports par les Autochtones est-elle une forme d’accession au bien commun et un vecteur de la reproduction des sociétés austronésiennes au sein d’un espace public dans lequel elles sont généralement marginalisées ?

Running after the Common Good. Indigeneity and Public Policies in the Taiwanese School Baseball

In the aftermath of the Second World War, the Chinese Nationalist Party (Kuomintang) took control of Taiwan, before falling back there permanently from 1949. Its administration slipped into the structures established by the Japanese colonial government (1895–1945) and institutions such as schools are now a part of the public service of the Republic of China. Sports practices are included in public education and are considered as levers for the integration of the local populations in the colonial system, mainly those of Austronesian origin. The performances of young Austronesian athletes, especially in international tournaments, are stones in the construction of a multiethnic state dominated by the Han-Chinese majority. In this contribution, it will be a question of observing and analyzing how the Austronesians Formosans, who have the status of Indigenous since 1994, divert and reclaim sports practices within the framework of the public educational service—sport and education being understood here as part of the common good—to negotiate their position in the Taiwanese state and face the assimilative policies of the central government. How relations of power and domination has been historically framed between Austronesian peoples of Taiwan and the central authorities, especially through sport? How the moral and physical stereotypes which have negatively characterized Indigenous athletes became a lever for their claims? In what way is the re-appropriation of sports by Indigenous people a form of access to the common good and a vector of the reproduction of Austronesian societies within a public space in which they are generally marginalized?

Keywords : Soldani, Taiwan, Sports, School, Indigenous, Identity

Correr tras el bien común. Autoctonía y políticas públicas en el baseball escolar taiwanés

Tras la Segunda Guerra mundial, el Partido nacionalista chino (Kuomintang) tomó el control de Taiwán antes de retirarse completamente a partir de 1949. Su administración se deslizó en estructuras establecidas por el gobierno japonés (1895–1945) y las instituciones como la escuela fueron inscritas en la educación pública y vistas como mecanismos de integración social de las poblaciones locales al dispositivo colonial, principalmente aquellas de origen austronesio. Los resultados de los jóvenes atletas austronesios, principalmente en los torneos internacionales, se convirtieron en las bases para la edificación de un Estado pluriétnico dominado por la mayoría china Han. En este artículo tratamos de observar y analizar cómo los austronesios de Formosa, que poseen un estatus de autóctonos desde 1994, desvían y recuperan las prácticas deportivas en el cuadro del servicio público educativo -aquí asumimos que deporte y educación forman parte del bien común- con el fin de negociar su posición en el seno del Estado taiwanés y hacer frente a las políticas asimiladoras del poder central. ¿Cómo se han estructurado históricamente las relaciones de fuerza y de dominio entre las poblaciones austronesias de Taiwán y las autoridades centrales, principalmente a través del deporte? ¿Qué estereotipos morales y físicos que caracterizan negativamente a los atletas autóctonos se han convertido en mecanismos de reivindación? ¿Cómo la reapropiación del deporte por los Autóctonos es una forma de ascenso al bien común y un vector de la reproducción de las sociedades austronesias en el seno del espacio público en el cual se encuentran marginalizadas?

Palabras clave: Soldani, Taiwán, deporte, escuela, autóctonos, identidad

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