Dynamiques foncières, ethnocratie et défi de l’intégration ethnoculturelle au Cameroun

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Cet article traite, en contexte camerounais, de la marchandisation et des expropriations foncières qui paupérisent les populations autochtones et génèrent des conflits. Ce capitalisme agraire, facilité par la gabegie administrative et judiciaire, profite à la minorité riche constituée des cadres de diverses institutions étatiques et privées et des gens d’affaires. Ces personnes acquièrent généralement les terres en violant les dispositions légales en la matière. Mais il y a aussi des acquéreurs de bonne foi dont les titres de propriété sont contestés par des familles qui ne se reconnaissent plus dans les conditions de vente préalablement consenties pour une diversité de raisons. Cette situation est aujourd’hui l’une des principales sources de confrontations intrafamiliales et entre « les gens d’ici, les autochtones » et les acquéreurs, parfois qualifiés « d’étrangers » et « d’envahisseurs ». Les enjeux fonciers donnent lieu à de la xénophobie et à des replis ethnorégionaux avec comme argument les questions d’autochtonie et de minorité. Les grandes villes, à l’instar de Yaoundé, sont très représentatives de ces problèmes qui sont également liés à la répartition inégale des richesses et à la polarisation ethnique dans la gouvernance étatique.

Abstract: This article analyses, in the Cameroonian context, the commodification and expropriation of land that impoverish indigenous populations and generate conflicts. This agrarian capitalism, facilitated by administrative and judicial mismanagement, benefits a rich minority made up of civil servants and business people. They acquire land by violating legal dispositions, while those who buy land honestly may later see their property rights contested by other families for a variety of reasons. This situation causes interfamilial quarrels and confrontations between « natives » and the buyers, who are sometimes qualified as « foreigners » and « invaders ». Land issues pave the way for xenophobia and retreat into ethnic and regional identities under the banner of indigeneity and ethnic minorities. Big cities, like Yaounde, are very representative of this situation linked to the unequal distribution of wealth and ethnic polarizations in state governance.

Keywords: Balla Ndegue, Land, Beti, Yaoundé, Indigeneity, Minority, Tribalism, Xenophobia, Governance, Integration

Resumen: Este artículo aborda, en contexto camerunés, la mercantilización y las expropiaciones territoriales que pauperizan a las poblaciones indígenas y generan conflictos. Ese capitalismo agrario, ayudado por la mala gestión administrativa y judiciaria, beneficia a la minoría rica constituida por los cuadros de diversas instituciones estatales, privadas y a gentes de negocios. Estos últimos adquieres tierras generalmente violando las disposiciones legales en la materia. Pero también hay compradores de buena fe cuyos títulos de propiedad son impugnados por familias que no ya no admiten las condiciones de venta anteriormente consentidas. Esta situación actualmente es una de las principales fuentes de confrontación intra-familiar, entre « las gentes de aquí, los autóctonos » y los compradores a veces calificados de « extranjeros » e « invasores ». Los retos de la tenencia de la tierra se convierten en cuna de la xenofobia y de los reveses etno-regionales bajo la bandera de la autoctonía y de la minoría. Las grandes ciudades, siguiendo el ejemplo de Yaundé, son representativas de esos problemas que también están ligados con el reparto desigual de la riqueza y con la polarización étnica en la gobernanza estatal.

Palabras clave: Balla Ndegue, tenencia de la tierra, Beti, Yaundé, autoctonía, minoría, tribalismo, xenofobia, gobernanza, integración

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