Invoquer les communs. Migrants mayas et quartiers informels de squatteurs au Mexique

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43- / 2019 - Services publics : l'État face au commun

 
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La Riviera Maya, au Mexique, est devenue le terrain de jeu des riches et des célébrités. Le passage du tourisme de masse aux boutiques haut de gamme et au tourisme élitiste a provoqué un vaste développement le long de cet axe. À côté de ce paradis se trouvent des bidonvilles sans eau courante ni électricité. L’explosion du prix de l’immobilier et l’érosion des communs rendent les choses difficiles pour les travailleurs émigrés, la plupart étant Autochtones et travaillant dans l’industrie touristique pour pouvoir acquérir une terre et un logement. Cet article examine le cas des migrants mayas qui vivent dans une colonia de squatteurs, la Colonia Mario Villanueva. Squatter est, depuis longtemps, une pratique qui permet d’accéder à la terre. Pourtant, les squatteurs sont confrontés à des menaces constantes d’expulsion de la part des propriétaires fonciers et de l’État qui leur refusent l’accès aux services publics de base comme l’eau courante, l’électricité et les routes goudronnées. Malgré les épreuves et le manque de services publics, les migrants mayas considèrent leur lutte pour le logement comme enracinée dans les pratiques foncières communautaires autochtones et comme une forme de résistance contre l’État et le capital mondial. Cette étude de cas illustre la manière dont le concept de « communs » est invoqué dans un milieu urbain où la propriété privée est enchevêtrée avec la diminution du soutien que l’État apporte à un régime foncier communautaire et aux services publics.

Invoking the Commons: Maya Migrants and Squatter Settlements in Mexico

The Riviera Maya of Mexico has become the playground for the rich and famous. The shift from mass tourism toward boutique and elite tourism has spurred expansive development along this corridor. Alongside paradise, one can find poor shantytowns without running water and electricity. Skyrocketing land prices and the erosion of the commons have made it difficult for migrant workers, many of whom are indigenous and work in the tourism industry, to purchase land or housing. This article examines the case of Maya migrants living in the squatter settlement, Colonia Mario Villanueva. Squatting has long been a practice by which to gain access to land. Yet, squatters face constant threats of eviction by landowners and the state who deny them access to basic public services like running water, electricity, and paved roads. Despite these hardships and lack of public services, Maya migrants perceive their struggle for housing as rooted in communal indigenous land tenure practises and as a form of resistance to the state and global capital. This case study illustrates how the concept of the commons is invoked in an urban setting where private property is entangled with diminishing state support for communal land tenure and public services.

Keywords : Castellanos, Maya, Migration, Commons, Squatter, Housing, Ejido, Mexico, Informal Settlements

Invocar los comunes: migrantes mayas, la vivienda y los invasores en México

La Riviera Maya en México, se ha convertido en un terreno de juego para gente rica y célebre. El paso del turismo de masa a las tiendas de lujo y el turismo elitista han provocado un vasto desarrollo a lo largo de este eje. Al lado de este paraíso se encuentran ciudades perdidas sin agua corriente ni electricidad. La explosión del precio de los terrenos y la erosión de los comunes han vuelto las cosas muy difíciles para los trabajadores emigrantes quienes en su mayoría son autóctonos y trabajan en la industria turística con el fin de adquirir un terreno y una vivienda. Este artículo examina el caso de los migrantes mayas que viven en un terreno invadido en la colonia Mario Villanueva. Invadir es, desde hace mucho tiempo, una práctica que permite acceder a la tierra. Los invasores se confrontan con amenazas constantes de expulsión de la parte de los propietarios de los terrenos invadidos y del Estado, quienes les rechazan el acceso a los servicios públicos de base como el agua corriente, la electricidad y las calles pavimentadas. A pesar de las dificultades y la falta de servicios públicos, los migrantes mayas consideran que su lucha por la vivienda está enraizada en las prácticas del régimen de tierras comunitario autóctono y como una forma de resistencia contra el Estado y contra el capital global. Este estudio de caso ilustra la manera en que el concepto de «común» es invocado en un medio urbano en donde la propiedad privada está enredada con la disminución del apoyo del Estado en favor de un régimen de propiedad comunitario y de servicios del Estado.

Palabras clave: Castellanos, maya, migración, los comunes, invasore, vivienda, ejido, México, terreno invadido

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