Le commun contre l’État-nation ? Démocratie sociale et institution du politique

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43- / 2019 - Services publics : l'État face au commun

 
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La proposition d’un « commun » multidimensionnel, qui comprend à la fois des pratiques collectives, des décisions politiques et des réflexions théoriques, souhaite dégager une « troisième voie », à distance tant du marché que de l’État, qui, dans la perspective de ses promoteurs, permettrait de restaurer une démocratie radicale, synonyme d’autogouvernement et d’extension des droits d’usage collectif. Cette contribution vise à remettre en question les soubassements théoriques et la viabilité pratique de cette « sociopolitique du commun » (proposée notamment dans l’ouvrage de Dardot et Laval, Commun. Essai sur la révolution au XXIe siècle), qui érige l’auto-institution en dispositif universel de la praxis associative, afin de contourner les difficultés à assurer un « service public » sans recourir aux mécanismes institutionnels d’un État perçu comme vecteur de domination centralisée. À trop insister sur le « faire société » pragmatique au détriment de tout « être institué » considéré essentialiste, cette anthropologie philosophique encourt le risque de manquer le « bien commun » imaginaire et symbolique inhérent à toute communauté concrète.

The Commons Against the Nation-State? Democracy and Institution of the Political

The idea of a multidimensional “common,” which includes collective practices, political decisions and theoretical reflections, seeks to establish a “third way,” distinct from both the market and the State; according to its promoters, it would restore a radical democracy, synonymous with self-government and the extension of collective rights of use. This contribution aims to examine the theoretical underpinnings and practical viability of this “sociopolitics of the common” (proposed in particular in the work of Dardot and Laval, Commun. Essai sur la révolution au XXIe siècle), which establishes the self-institution as a universal device of associative praxis, in order to circumvent the difficulties of ensuring a “public service” without recourse to the institutional mechanisms of the State, perceived as a vector of centralized domination. Excessive insistence on the pragmatic construction of collectives misses the importance of “instituted” forms, which are considered essentialist. This philosophical anthropology then runs the risk of missing the imaginary and symbolic “common good” inherent to any concrete community.

Keywords : Vibert, Martin, Commons, Community, State, Democracy, Nation, Dardot, Laval

¿El común contra el Estado- Nación? Democracia social e institución de lo político

La proposición de un «común» multidimensional que comprenda tanto a las prácticas colectivas, las decisiones políticas y las reflexiones teóricas, busca identificar un « tercer camino » distante tanto del mercado que del Estado y que, desde la perspectiva de sus promotores, permitiría restaurar una democracia radical, sinónimo de autogobierno y de extensión de los derechos de utilización colectiva. Esta contribución busca cuestionar las bases teóricas y la viabilidad práctica de esta « sociopolítica del común » (principalmente propuesta en la obra de Dardot y Laval, Commun. Essai sur la révolution au XXIesiècle), que erige la auto-institución como dispositivo universal de la praxis asociativa, con la finalidad de superar las dificultades que conlleva asegurar un « servicio público » sin recurrir a los mecanismos institucionales de un Estado percibido como vector de dominación centralizada. Insistir demasiado en « construir una sociedad » pragmática en detrimento de todo lo « instituido » considerado esencialista, esta antropología filosófica corre pues el riesgo de pasar por alto el « bien común » imaginario y simbólico inherente a toda comunidad concreta.

Palabras clave : Vibert, Martin, común, comunidad, Estado, democracia, nación, Dardot, Laval

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