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La Syrie, la magistrature, la Révolution de 2011. Quel rôle pour les femmes ? (Note de recherche)

Abstract/Resumen

Syria, the Judiciary and the Revolution of 2011 : What Role for Women ? (Research Note)

Syrians took to the streets in March 2011 calling for political, economic and social reforms. This was the beginning of the Arab Spring in Syria. In a few months, popular discontent spread throughout the country, and thousands of hundreds of people demanded a regime change. The State responded with the brute force of its police, security forces and army to crush the uprising. The Syrian President Bashar al-Asad decided to use the criminal justice system to serve his politics of repression. This research note aims to describe the role of public prosecutors and judges of the State in the judicial repression of the social protest movement of 2011. It focuses on the participation of women as members of the judiciary who, because of their experience in the criminal justice system, play a major role in the implementation of the State’s criminal justice policies. Since the Revolution of 2011, women prosecutors and judges have been promoted to positions of power in the judiciary. How have they used this newly acquired power ? To promote justice or to serve the state policy of political repression ? These are the questions at the heart of this case study of women and judicial power in Syria.

Keywords: Cardinal, Syria, Judiciary, Women, Arab Spring, Counter-terrorism Court

Siria, el poder judicial, la Revolución de 2011. ¿Qué rol para las mujeres? (Nota de investigación)

Los sirios manifestaron en marzo del 2011 exigiendo reformas políticas, económicas y sociales. Fue el inicio de la Primavera árabe en Siria. En unos meses la protesta popular se extendió a través del país y cientos de miles de personas exigieron un cambio de régimen. La respuesta del Estado fue la represión brutal empleando la fuerza policiaca, las fuerzas de seguridad y el ejército para acabar con la rebelión. Bashar al-Asad, el presidente sirio, decidió utilizar el sistema de justicia penal como instrumento de represión política. Esta nota de investigación tiene como meta describir el rol que jugaron los procuradores y los jueces del Estado en la represión penal de la revuelta popular de 2011. Se centra en la participación de las mujeres, miembros del cuerpo judicial, que a pesar de ellas mismas se convirtieron en actrices de primer orden en la política del Estado debido a su experiencia en justicia penal. Después de la revolución de 2011, las magistradas accedieron a puestos de poder en el seno de la magistratura. ¿ Utilizan su autoridad recientemente adquirida para servir a la justicia o se pliegan ante la política penal del Estado hasta el punto de convertirse en agentes de la represión? Es la pregunta que anima este estudio de caso sobre la magistratura siria al femenino.

Palabras clave: Cardinal, Siria, poder judicial, mujeres, Primavera árabe, tribunal antiterrorista

Résumé

Les Syriens ont manifesté en mars 2011 pour demander des réformes politiques, économiques et sociales. C’était le début du Printemps arabe en Syrie. En quelques mois, la protestation populaire s’est répandue à travers le pays, et des centaines de milliers de personnes ont réclamé un changement de régime. L’État a riposté avec une répression brutale en faisant appel à la police, aux forces de sécurité et à l’armée pour mater la rébellion. Bashar al-Asad, le président syrien, a décidé d’utiliser le système de justice pénale comme outil de répression politique. Cette note de recherche vise à décrire le rôle joué par les procureurs et les juges de l’État dans la répression pénale de la révolte populaire de 2011. Elle se centre sur la participation des femmes, membres du corps judiciaire, qui sont devenues, malgré elles, des actrices de premier plan dans la politique de l’État à cause de leur expérience en justice pénale. Depuis la Révolution de 2011, les magistrates ont accédé à des postes de pouvoir au sein de la magistrature. Utilisent-elles cette autorité nouvellement acquise pour servir les fins de la justice, ou se plient-elles devant la politique pénale de l’État au point de devenir des agents de la répression ? Telle est la question qui est au cœur de cette étude de cas de la magistrature syrienne au féminin.

Mots clés

Cardinal, Syrie, magistrature, femmes, Printemps arabe, tribunal antiterroriste

Pour citer cet article

Monique C. Cardinal, « La Syrie, la magistrature, la Révolution de 2011. Quel rôle pour les femmes ? (Note de recherche) », Anthropologie et Sociétés, vol. 42, no 1, 2018 : 183-204

Femmes et subjectivations musulmanes
Volume 42, numéro 1
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