De l’intelligence des plantes à celle des enfants. Profils ethnographiques de l’expérience sensible au végétal dans les écoles buissonnières

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44-3 / 2020 - Devenir-plante. Enlacements et attachements

 
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Les enfants savent très bien reconnaître les plantes avec lesquelles ils peuvent acquérir certaines compétences culturelles et exercer certaines de leurs capacités mentales. Quelques-unes de ces plantes, comme le bouton-d’or ou la pâquerette, font l’objet de traditions enfantines qui se transmettent de génération en génération lors des écoles buissonnières, ces moments où les enfants s’affairent à inventer, loin du regard des adultes, des activités pédagogiques et ludiques construites sur la base des relations qu’ils entretiennent avec les êtres de l’écosystème ambiant. Le gain intellectuel potentiel que les plantes peuvent apporter à l’esprit humain ne peut être compris sans prendre en compte le rôle de la plante et sa manière de se révéler aux enfants. Pour être choisie, la plante doit réunir un ensemble de formes particulières qui répondent aux attentes de l’esprit de l’enfant et présagent le développement de compétences particulières. De sorte qu’il est possible de s’interroger sur la nature du lien interactif entre l’intelligence de la plante et celle de l’enfant tissé lors de ces expériences sensibles, en prenant comme définition commune de l’intelligence la capacité à communiquer des formes. Pour entamer cette réflexion, cet article propose de focaliser l’attention sur les profils ethnographiques et botaniques de quelques-unes de ces plantes avec lesquelles les enfants apprennent à compter, à parler, à écrire, à aimer, à méditer… que cela soit dans les écoles buissonnières de la France, au Maroc, en Inde ou ailleurs.

Mots clés : Simenel, enfants, plantes, expérience sensible, formes, empathie, Goethe, intelligence

From the Intelligence of Plants to That of Children. Ethnographic Profiles of Plant-Sensitive Experience in Forest Schools

Children are very good at recognizing plants with which they can learn certain cultural skills and exercise certain mental abilities. Some of these plants, such as the buttercup or daisy, are the subject of children’s traditions that are transmitted from generation to generation during forest schools, those moments when children let their imaginations run wild in contact with the beings of their environment. The intellectual potential that plants can bring to the human mind cannot be understood without taking into account the role that the plant plays in it and the way it reveals itself to children. In order to be chosen, the plant must combine a set of particular forms that meet the expectations of the child’s mind and which premeditate the development of particular skills. So it is possible to question the nature of the interactive link between the intelligence of the plant and that of the child developed during these sensitive experiences, taking as a common definition of intelligence, the ability to communicate forms. To inaugurate this discussion, this article proposes to focus attention on ethnographic profiles of some of the plants with which children learn to count, speak, write, love, meditate … whether in forest schools in France, Morocco, India and elsewhere.

Keywords: Simenel, children, plants, sensitive experience, forms, empathy, Goethe, intelligence

De la inteligencia de las plantas a la de los niños. Perfiles etnográficos de experiencia sensible a lo vegetal en las escuelas de pedagogía verde (écoles buissonnières)

Los niños saben muy bien reconocer las plantas con las cuales puede adquirir ciertas competencias culturales y ejercer ciertas capacidades mentales. Algunas de esas plantas, como el botón de oro o la margarita, forman parte de las tradiciones infantiles que se transmiten de generación en generaron durante las escuelas de pedagogía verde (écoles buissonnières), momentos en que los niños dan rienda suelta a su imaginación al contacto con los seres del ecosistema ambiente. El potencial intelectual que las plantas pueden aportar al espíritu humano no se puede comprender sin tomar en consideración el rol que en éste juega la planta y su manera en que se revela a los niños. Para ser escogida, una planta debe reunir un conjunto de formas particulares que respondan a las expectativas del espíritu infantil y que predeterminan el desarrollo de competencias particulares. Así pues, es posible examinar la naturaleza del vínculo interactivo entre la inteligencia de la planta y la del niño que se entreteje durante las experiencias sensitivas, tomando como definición común de la inteligencia la capacidad de comunicar formas. Par iniciar esta reflexión, el presenta articulo propone focalizar la atención en los perfiles etnográficos y botánicos de algunas de dichas plantas con las que los niños aprenden a contar, hablar, escribir, amar, meditar…. ya sea en las escuelas de pedagogía verde en Francia, Marruecos, la India o en otras partes.

Palabras-clave: Simenel, niños, plantas, experiencia sensitiva, formas, empatía, Goethe, inteligencia

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