Le « bien-vivre » (sumaq kawsay) et les pommes de terre paysannes. Du délicat exercice de la diplomatie ontologique

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Numéro :

43-3 / 2019 - Repenser la conservation de la nature

 
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Le « bien-vivre » (sumaq kawsay) et les pommes de terre paysannes : du délicat exercice de la diplomatie ontologique

Le Parc de la pomme de terre de Pisac, au Pérou, est une initiative locale qui, si elle ne bénéficie d’aucune reconnaissance de la part du gouvernement péruvien, est un exemple important sur la scène internationale de la conservation. Le parc est le creuset de l’émergence d’un modèle de développement alternatif — appelé sumaq kawsay en quechua, que l’on traduit par « bien-vivre » — présenté comme autochtone et comme une proposition alternative à l’ontologie naturaliste ou moderne. Cet article analyse la façon dont ce discours a été formulé, en prenant en compte les différentes arènes dans lesquelles il est mis en exergue. Après avoir présenté en détail la proposition spécifiquement élaborée au sein du Parc de la pomme de terre, l’auteure montre que ce discours est formulé en fonction de dynamiques à l’œuvre au sein d’un groupe de travail relevant de la Convention sur la diversité biologique. Elle fait voir qu’une organisation non gouvernementale joue dans cette enceinte le rôle de diplomate ontologique et réfléchit à ce que signifie et implique l’exercice de cette diplomatie pour les autres acteurs, tant à l’échelle locale et nationale qu’internationale.

Mots clés : Hall, bien-vivre, diplomatie ontologique, agrobiodiversité, Autochtones, Pérou, Parc de la pomme de terre de Pisac, Convention sur la diversité biologique, ONG ANDES

 

“Well-Being” (Sumaq Kawsay) and Native Potatoes: The Delicate Work of Ontological Diplomacy

The Potato Park in Pisac, Peru, is a globally recognized example of conservation, despite the fact that it is not recognized by the Peruvian government. The park is the birthplace of an alternative development model known as sumaq kawsay, a Quechua expression that is often translated as “well-being.” Sumaq kawsay is often presented as an indigenous alternative to naturalistic or modern ontology. In this paper, the author examines the discourse produced within the Potato Park, and argues that this discourse is the result of dynamics within a working group connected to the Convention on Biological Diversity. She shows that a non-governmental organization is playing the role of an ontological diplomat in this forum and analyzes what the exercise of this diplomacy means and entails for other actors, both locally, nationally and internationally.

Keywords: Hall, well-being, ontological diplomacy, agrobiodiversity, Indigenous people, Peru, Potato Park in Pisac, Convention on Biological Diversity, NGO ANDES

 

El «buen vivir» (sumaq kawsay) y las papas nativas: el delicado ejercicio de la diplomacia ontológica

El Parque de la Papa de Pisac, Perú, es una iniciativa local que, si no ha sido reconocida por parte del gobierno peruano, es un notable ejemplo en el mundo internacional de la conservación. El parque es un crisol de donde ha surgido un modelo de desarrollo alternativo denominado sumaq kawsay en quechua que puede ser traducido como «buen vivir», presentado como indígena y alternativo con respecto a la ontología naturalista o moderna. En el presente texto, analizamos la manera en que ese discurso ha sido formulado, teniendo en consideración las escenas en las cuales ha sido puesto de relieve. Después de presentar detalladamente la proposición específicamente elaborada en el seno del Parque de la Papa, mostraremos que dicho discurso ha sido formulado en función de dinámicas actuantes en el seno de un grupo de trabajo  relacionado con la Convención sobre la diversidad biológica. Mostramos que una organización no-gubernamental juega en este terreno el rol de diplomático ontológico y reflexionamos sobre lo que significa e implica el ejercicio de dicha diplomacia para los otros actores tanto a nivel local como nacional e internacional

Palabras clave : Hall, buen vivir, diplomacia ontológica, agro-diversidad, indígenas, Perú, Parque de la Papa de Pisac, Convención sobre la diversidad ecológica, ONG ANDES

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