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Terrain

Pratiques d’enquêtes

« La méthode, c’est le chemin après qu’on l’a parcouru », disait Marcel Granet, sentence que son élève Georges Dumézil aimait répéter (voir par exemple 1948 : 12). Cette idée rétrospective de la méthode est fidèle à l’étymologie du mot grec meta-hodos : « (se déplacer) le long du chemin ». Au lieu de proposer des méthodes toutes faites que le chercheur est censé mimer, il est toujours valable de suivre les parcours de chercheurs dans leurs travaux, d’où l’on peut extraire, a posteriori, des méthodes.

Le non lieu de la neutralité « laïque »

En pratique, il est possible de « rester neutre », de « ne pas prendre fait et cause », « demeurer au-dessus de la mêlée ». C’est en théorie que le bât blesse. Car si, en définitive, le Réel de Référence se trouve absolument et objectivement hors culture, du côté soit de la Révélation surnaturelle, soit de la Raison naturelle, alors, pour l’essentiel, la neutralité de l’Homme moderne, chrétien et/ou scientifique, ne peut être que tactiquement provisoire.

Ka Hao Te Rangatahi : transformation et leadership dans la société māori

Les modèles traditionnels de leadership māori, bien qu’encore prégnants pour certains, ont perdu une grande partie de leur actualité au cours du processus de colonisation. Depuis, ceux et celles qui se sont affirmés au plan de la recherche, s’ils n’ont pas toujours eu accès aux réseaux traditionnels qui encadraient et encourageaient ce leadership, en ont néanmoins introduit de nouvelles formes.

Identité trouble et agent double : l’ontologie à l’épreuve du terrain

Cet article présente quelques expériences personnelles de terrain en le situant dans un cadre théorique et conceptuel qui questionne les transformations de l’anthropologie. La première partie discute de l’avenir de l’anthropologie et de la pertinence du terrain dans une discipline de plus en plus axée sur les études non-traditionnelles. La deuxième partie présente quelques expériences de terrain en milieu amérindien et métis en mettant l’accent sur les silences de l’ethnographie, sur les ratés de la relation dialogique qui ont transformé mes rôles, mon statut et mon identité.

L’anthropologue en exil

Comment poursuivre l’enquête quand le terrain bascule ? L’anthropologue se trouve pris dans un double exil : l’exil intérieur et l’exil au cœur du terrain. En traitant de l’exemple des semi-nomades du Kazakhstan, de leur sédentarisation dans les années 1990 et de leur entrée en modernité insécurisée, l’article interroge cette double posture. Comment transformer ses outils de recherche au même rythme que les transformations des mondes habités par les personnes avec lesquelles l’anthropologue travaille et auprès desquelles il enquête?