• Anthropologie et Sociétés - Fondée en 1977

Musique

L’esthétique du don polynésien. Les kātoanga tongiens comme « systèmes de prestations totales »

Les discussions autour de l’Essai sur le don de Marcel Mauss ont largement continué d’alimenter la réflexion sur les échanges économiques en anthropologie au cours des dernières décennies. Des concepts clefs de son œuvre (« don », « contre-don », « réciprocité ») sont aujourd’hui critiqués, étant davantage perçus comme des barrières pour penser l’échange que comme des outils heuristiques. À partir de l’étude des cérémonies d’échange (Pacifique Sud), cet article examine la portée de l’expression « systèmes de prestations totales » pour désigner ces événements.

Anthropologies imaginaires : une critique de la colonialité par la voix et la satire

Cet article se penche sur les dimensions critiques, satiriques et éthiques d’Anthropologies imaginaires, une performance vocale, musicale et théâtrale que j’ai créée en 2014 puis présentée devant public dans une vingtaine d’événements. Seul sur scène, accompagné d’une projection vidéo de type documentaire, j’entonne onze types de vocalisations qui semblent appartenir à des populations inconnues et dont la nature fictive se dévoile graduellement.

Chant céleste : la glossolalie en milieu pentecôtiste charismatique à l’Île de la Réunion

La glossolalie est considérée comme le prototype des éléments, aussi mystérieux qu’irrationnels, garantissant la fascination des croyants pour les cultes pentecôtistes-charismatiques. Cependant, nos observations sur le terrain réunionnais nous conduisent à nuancer cette représentation : au-delà du caractère apparemment anarchique de ce phénomène, des normes et des codes lui sont associés. Nous souhaitons donc montrer l’influence jouée par le contexte religieux et organisationnel sur ces expériences extatiques individuelles.

La contramétricité dans les musiques traditionnelles africaines et son rapport au jazz

La mise en mouvement du corps à travers la danse, la présence d’une pulsation régulière qui rythme ces mouvements et le fait de contrecarrer cette pulsation par des événements musicaux placés à côté, ce qu’on appelle la « contramétricité », sont des points communs à la plupart des musiques africaines traditionnelles.