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Ethnographie

Ouvrir les fenêtres. Écrire des poèmes ethnographiques sur la matérialité et la sensorialité de l'agoraphobie à Oslo

Cet article réflexif porte sur les deux ancrages de mon projet doctoral. D’abord, il présente une ethnographie de l’expérience de l’agoraphobie à Oslo, en Norvège, le pays européen avec la plus grande prévalence de ce trouble. Je porte attention à la matérialité et à la sensorialité de cette expérience de souffrance. En parallèle, je développe ma démarche en anthropologie de la poésie qui convoque à la fois ma propre écriture ethnographique et la mise en forme de poèmes sur l’agoraphobie et la panique. Je présente d’abord ma discussion des définitions de l’agoraphobie.

Quand légitimité rime avec productivité. La parole-d’œuvre plurilingue dans l’industrie de la communication

L’objectif de cet article est de mettre en évidence la manière dont les processus de légitimation des langues et des locuteurs s’articulent à des logiques de productivité économique. En partant d’une recherche ethnographique conduite dans un centre d’appels – terrain emblématique de l’économie néolibérale – situé dans une ville ouvrière bilingue en Suisse, nous montrerons que les compétences langagières des travailleurs font l’objet d’une célébration en termes économiques (du point de vue du repositionnement industriel de la municipalité et de la productivité des centres d’appels).

Bêtes de terrain : savoirs et affects dans l’invention de l’ethnozoologie

L’invention de l’ethnozoologie en Afrique de l’Ouest entre 1928 et 1960, à une période où l’ethnologie française se professionnalise et où de nouvelles méthodologies d’enquête de terrain sont mises en place, donne à voir la construction de savoirs inédits, à la croisée de l’ethnologie et de la zoologie. Les ethnologues africanistes de l’époque, et Marcel Griaule en premier lieu, entretiennent des relations variées et souvent privilégiées avec les animaux.

« Écouter le silence quaker »

Grâce au suivi de rencontres quakers dans un bourg du Derbyshire (Angleterre) entre 2000 et 2006, l’auteure décrit une activité religieuse élaborée chaque dimanche par les adeptes, dans l’immobilité et le silence quasi-total, sans liturgie ni prêtrise. Prenant le silence pour objet anthropologique, elle montre qu’il ressortit d’une quête spirituelle dont le registre sensoriel rend compte comme d’un rite en dépit du souci qu’ont les quakers d’éliminer les symboles de leurs pratiques.