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Famille

Les « faiseurs de parenté » : un organisme autorisé pour l’adoption (note de recherche)

Tout d’abord, je situerai la notion d’intérêt de l’enfant dans le champ de l’adoption dans la perspective ouverte par les travaux de Nadine Lefaucheur quant au moindre mal dans la prise en charge de l’enfant illégitime. Puis je regarderai la manière avec laquelle un organisme agréé pour l’adoption réfléchit afin d’éviter les dérives de l’adoption internationale et d’organiser son activité autour de l’adoption d’enfants difficiles à placer (plus âgés, handicapés, fratries), en accompagnant la famille adoptive dans tout son parcours d’adoption.

Inceste : la contagion épidémique du silence

La littérature traitant de cas d’inceste, soit des abus sexuels commis sur des enfants dans la famille, a depuis longtemps mis en évidence la place centrale du silence qui entoure ces situations d’agressions répétées. Cet article réexamine cette thématique en explorant la dynamique du silence autour de l’inceste, et qui le perpétue dans la vie quotidienne de ses acteurs. J’aborderai cette exploration sous trois angles d’observation. D’abord, celui d’enfants violés devenus adultes, pour lesquels, la question du « dire » constitue une thématique à la fois centrale et douloureuse.

Entre abandon et captation. L’adoption québécoise en « banque mixte »

Pour offrir une meilleure stabilité à l’enfant placé, les autorités étatiques en protection de l’enfance peuvent maintenant décider de le faire adopter. Cependant, avant d’être admissible à l’adoption, l’enfant placé doit être cliniquement redéfini comme étant abandonné. Au Québec, le programme de placement pré-adoptif en Banque mixte a délimité un espacetemps liminaire à l’intérieur duquel peut s’accomplir cette « reconfiguration ». La Banque mixte étend ainsi la souveraineté étatique au-delà des barrières légales traditionnelles qui garantissent la permanence des liens de filiation.