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Métissage

La communauté comme sujet et objet du droit : implications pour les Métis du Canada

Cet article se base sur les résultats d’une analyse qualitative de contenu menée à partir des transcriptions du procès Hirsekorn qui eut lieu du 4 mai 2009 au 24 juin 2010 devant la Cour provinciale de l’Alberta. L’arrêt Powley de 2003, qui fut la première décision de la Cour suprême portant sur les droits des Métis, sert de référence. En défense, les accusés affirment qu’ils avaient un droit ancestral de chasser protégé par l’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982.

Le métissage brésilien. Du « mélange » généralisé au rappel des origines

Au Brésil le métissage s’enracine dans l’histoire longue du peuplement du pays. La nation brésilienne s’est constituée sur la base d’unions mixtes entre les trois « matrices initiales » amérindienne, européenne et africaine, formant un métissage tel que les différences ethniques semblent avoir été gommées, comme l’affirme le concept de « démocratie raciale ». Transformé en mythe d’origine de la nation brésilienne au début du XXe siècle, il laisse supposer la parfaite égalité de tous les citoyens.

Au pays des Mayas métis

Les Mayas du Yucatán s’appellent et sont appelés « Métis », cas unique en Amérique latine. Une étude historique est faite des raisons de cette appellation et des noms disponibles pour les « vrais » métis ainsi que les autres noms désignant les Yucatèques. Le concept de xaak’ (variante xak’, xa’ak’), dont un des sens est « métis » en maya yucatèque mais qui signifie aussi mélange, et en particulier mélange de graines et mélange d’épices, est ensuite analysé à des fins comparatives.

Devenir « demi » en Polynésie française. Les enjeux de l’ethnicité, du statut socioéconomique et du genre

Basé sur un travail doctoral mené entre 2004 et 2007 auprès de 54 personnes en couple dit  « mixte » (« métropolitain »-« polynésien ») à Tahiti et à Moorea, cet article propose une analyse des usages sociaux de la catégorie de métissage : « demi ». La Polynésie française étant lieu de métissages transcontinentaux depuis 200 ans, Michel Panoff (1989) avait estimé qu’il n’existerait plus de Polynésiens non-métissés de fait. D’autres auteurs affirment que les « Demis » ne constituent qu’une classe sociale (Rallu et al. 1997).

Métissage, multi-appartenance, créolité à l’Île de La Réunion

Initialement déserte lors de son peuplement à partir de la seconde moitié du XVIIe siècle, l’Île de La Réunion a été peuplée de Français, de Malgaches puis d’Indiens, d’hommes (les femmes étant particulièrement minoritaires) originaires d’Afrique de l’Est, d’Asie, et même, pour quelques-uns d’entre eux, d’Australie et de Polynésie. Durant les premières années d’occupation de l’Île, les mariages entre individus d’origines différentes étaient tolérés « pourvus que ceux-ci fussent baptisés ».

Madagascar : une île métisse sans métis? La catégorie « métis » et son contournement dans les Hautes Terres centrales de Madagascar pendant la période coloniale (1896-1960)

Le métissage est une notion associée à Madagascar depuis les premiers écrits européens sur l’île. En particulier, au XIXe siècle, il est associé au questionnement sur l’origine des Malgaches. Mais il sert aussi de prétexte aux Français pour conquérir l’île. La colonisation qui se met en place s’accompagne alors de la création d’une catégorie historique et coloniale, celle de « métis ».